BIFACE, apps danse en réalité augmentée 2018-…


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►BIFACE observe les toutes premières manifestations d’un désir esthétique (paléolithique supérieur 35 000 – 9000 BC) pour créer des interactions avec les doubles numériques de danseurs via les deux faces d’un téléphone mobile. L’œuvre tend à transposer « l’état » créatif de l’ »homme moderne » au commencement de son l’Histoire, de son industrie et de son Art.

Une structure aux allures de « grotte » est le support d’un mapping vidéo à 360°. Il représente la photo immersive d’une scène de fuite, celle d’un homme poursuivit par des chevaux. Peu à peu la photo s’anime, un nuage de points nous transporte dans le monde d’avant la parole.
Les visiteurs entrent dans cet environnement et, en exécutant des gestes simples presque « intuitifs » avec l’écran et la caméra extérieure de leur smartphone, ils découvrent les hologrammes de performeurs à taille humaine autour desquels ils peuvent tourner. Ceux-ci s’adonnent à une danse sans chorégraphie, une sorte de transe généralisée qui semble pourtant réceptive à la présence de l’autre, presque apte à communiquer.
Les gestes des visiteurs orientent les mouvements des performeurs virtuels. L’on retrouve ou réinvente ainsi, à l’aide des deux faces de son mobile, le sens perdu dans cette transe.

Danse connectée…

La danse de Biface se situe à l’ endroit du pré-langage lorsque l’homo sapiens sapiens suivait ses premières intuitions. Transportée beaucoup plus en arrière qu’à l’heure des mythes, des religions, des classiques, des philosophes et des poètes, c’est de Lucy que la chorégraphe new média se rapproche :

« … j’imagine une dame demi singe accroupie à côté de moi, parfois une lueur apparait dans ses yeux, elle sent quelque chose venir, même si le langage n’existe pas encore pour elle. Mais qui sait, elle pressent le monde de la parole, elle sent qu’il y existe des cadeaux qui volent à travers l’air, elle pressent sans doute aussi qu’il existe des effets dans le lointain. Puis elle me pousse sur le côté – ce n’est pas de ma faute mais il me semble que je comprends ce qu’elle veut dire. Vas-y dis quelque chose. Même un ordre de mission, pas très précis, mais ça suffira pour commencer… » *

Mais avec l’application mobile en réalité augmentée 2018, le mot n’a pas sa place et ne sera jamais prononcé. Seuls les gestes des « users » et réponses dansés des hologrammes dialoguent entre eux à travers l’air. Tels des « sculpteurs chorégraphiques », les visiteurs font apparaitre la danse sans eux invisible et pourtant pré-existante dans l’installation.

L’application et installation Biface invente un langage gestuel pour répondre au désir naturel d’une création sensible de danse connectée au premier âge de l’humanité.

Technologie : du réel au virtuel

A l’instar des rondes bosses et des fresques dessinées sur les parois des grottes du paléolithique ( Chauvet 36000 BC, Lascaux 18 000BC… ) et dont l’iconographie retrace des images en prise directe avec le monde extérieur, le parti pris des choix technologiques est dans la capacité à enregistrer des fragments du réel, de l’extérieur, pour les intégrer dans l’installation artistique.

Les hologrammes des performeurs ne sont pas en 3D traditionnelle généralement utilisée pour la réalité augmentée. La 3D reconstitue en effet du mouvement à partir d’un corps modélisé par informatique. L’artiste fait ici appel à la capture de mouvement multi-caméra de personnage réels, afin de produire des séquences animées photoréalistes.

Le choix d’une visualisation en réalité augmentée permet au visiteur de percevoir et d’agir avec les hologrammes des performeurs en restant pleinement conscient du monde réel qui l’entoure. Ainsi, la réalité matérielle des corps dansants, des objets et des outils du XXIème deviennent matière première d’une œuvre dont l’interactivité tend à transposer l’état créatif de  » l’homme moderne » au commencement de son l’Histoire, de son industrie et de son Art.

Expo Razel Bec Lyon Oct 18
Expo Festival ON Arles Nov 2018

ci-dessus photos de la première version l’Application danse en réalité augmentée… à suivre ! 😉